Langue bretonne : Deux associations bretonnes attaquent l’État
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- 6 mars
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La convention spécifique est à la langue bretonne ce que le protocole d’accord sur la sortie de crise est à l’hôpital de Carhaix : dans les deux cas, il existe une signature de l’État… qu’il ne respecte pas ! Pour la langue bretonne, aucune avancée, mais plutôt un recul sans précédent, avec une perte de plus de 100 000 locuteurs en moins de six ans. Pour l’hôpital de Carhaix, un protocole signé, mais des urgences toujours fermées.
Dans le cas de la langue bretonne, des associations ont décidé d’agir et de saisir le tribunal administratif de Rennes.
Augmenter le nombre d’élèves
Div Yezh Breizh, la fédération des parents d’élèves pour l’enseignement du breton et en breton à l’école publique, et Kelennomp !, qui regroupe les enseignants et formateurs en langue bretonne, ont porté cette requête au tribunal administratif de Rennes afin de sommer l’État de répondre à ses manquements. Le but est d’obliger le rectorat à respecter les engagements signés dans le cadre de la convention spécifique conclue en mars 2022 avec la Région Bretagne.
Ce document, très précis, fixait des objectifs et des politiques à mettre en œuvre pour les atteindre, avec, par exemple, des obligations de proposer l’enseignement de la langue bretonne afin de parvenir, à terme, à augmenter le nombre d’élèves.
Que fait la Région ?
Le résultat de l’application de la convention est en fait catastrophique, sans que la Région, pourtant elle-même signataire, ne hausse le ton. La langue bretonne se retrouve dans la situation décrite par Jacques Chirac au sujet de l’environnement : « La maison brûle et on regarde ailleurs… ».
Certes, un budget plus conséquent a été voté dans le cadre du plan de réappropriation des langues, mais il reste largement insuffisant face à l’ampleur des besoins. Il faudrait la création d’environ 200 nouveaux enseignants par an, sur plusieurs années, pour répondre réellement à la demande sociale et espérer redresser la barre du nombre de locuteurs.
Seule une politique de réparation historique pourrait changer la donne. Ce devrait être la base de nos revendications...